On vous raconte : Lead with Love à Beaune

 

Yoga, méditation, mais aussi dégustations de vin et conférences-ateliers pour apprendre à placer l’amour au cœur de ses actions : le sommet Lead with Love a réuni plus de 60 participants à Beaune du 7 au 12 mai dernier. Retour sur les temps forts d’une retraite pas comme les autres.

Mercredi 7 mai 2019. 15 heures.

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A Beaune, en ce début d’après-midi, le ciel est gris comme du plomb, la pluie tombe sans discontinuer et les températures sont bien en-deçà des moyennes de saisons. Et pourtant, quelle chaleur règne au sein du Bastion des Hospices !

C’est là, à deux pas du célèbre Hôtel-Dieu bourguignon, sous les voûtes souterraines d’une armurerie qui abritait autrefois canons et chars que va se dérouler, pendant quatre jours, la retraite Lead with Love.

Une retraite pas comme les autres, puisqu’elle mêle deux plaisirs rarement associés : le vin et le yoga. Sacrilège ? Et alors ! Au diable l’ascétisme ! A nous les Gevrey, Volnay, Pommard et autres Saint-Romain !

D’ailleurs, nous n’avons pas attendu le démarrage officiel des festivités pour nous octroyer, mon amie et moi, un petit verre de Beaune Villages rouge au déjeuner – un seul, car tout en une question de modération, et le vin, cette merveilleuse alchimie faite de subtils équilibres et d’infinie patience, est là pour nous le rappeler…

Derrière l’idée de réunir vin et yoga sous la bannière Lead with Love à Beaune, il y a mon amie Gina Murdock. Nous nous sommes rencontrées il y a plus de vingt ans, sur le campus d’une université du Colorado, et jamais perdues de vue.

Diplômée d’un master de « psychologie spirituelle », passionnée de yoga et persuadée qu’on peut changer le monde en commençant par se changer soi-même, elle a monté, à Aspen, une association baptisée Lead with Love avec le soutien de son mari, Jerry, passionné de vins de Bourgogne. Aujourd’hui, à Beaune, nous fêtons donc le mariage de leurs deux passions.

Pas de doute : le concept plaît ! Dans le hall des Bastions, alors que se prépare une visite privée des Hospices de Beaune, on entend parler français, anglais, italien, suisse-allemand. Robbie est venu de San Diego, Stella de Toscane, Elisa de Turin, Yüri de Zürich, et Lisa de Buenos Aires « rien que pour Rod Stryker ».

Rod Stryker ? Mais c’est, bien sûr, la tête d’affiche du programme ! Un maître yogi, puits de science et de sagesse…. Mais nous vous en parlerons demain. Pour l’instant, place au cocktail de bienvenue… Descendez le petit escalier en colimaçon qui mène aux vastes voûtes des Bastions, magnifiquement décorées et éclairées pour l’occasion… Enlevez vos chaussures, buvez, mangez, et apprenez à vous connaître au son des guitares de Gabriele et Daniel, le duo de musiciens florentins venu animer la retraite… Savourez l’instant… Demain est un autre jour…

 
 
Photo by Alexis Ahrling, @ alexisahrling

Photo by Alexis Ahrling, @alexisahrling

 
 

Jeudi 8 mai 2019. 9 heures 30.

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Un peu plus tôt, les voûtes des Bastions résonnaient du son des bols tibétains clôturant la séance de méditation matinale, mais désormais, un silence respectueux y règne. Rod Stryker va démarrer son cours. Une bonne soixantaine de participants sont alignés devant l’estrade où se tient le professeur de yoga. Aux Etats-Unis, c’est une sommité, on se presse à ses cours, ses retraites et ses formations affichent complet. « Vous ne réalisez pas la chance qu’on a de l’avoir rien que pour nous, ou presque, ici à Beaune ! », me dit Sabrina, prof de yoga américaine, aujourd’hui installée dans le Sud de la France.

Si si, je réalise ! La voix profonde du maître, la clarté de ses propos, la simplicité des mouvements, la densité des séances en disent long sur la qualité de son enseignement. Pas d’esbrouffe, pas de posture alambiquée : son yoga est à la portée de tous, la seule barrière à son enseignement étant celle de l’anglais (et encore, vous pouvez toujours vous inspirer de votre voisin…)

A la fin de son cours, je sens mon troisième œil comme mon nez au milieu de la figure. Pour un peu, je me prendrais pour un cyclope !

Mais je reviens bien vite sur terre, d’autant plus qu’un délicieux déjeuner végétarien nous attend. Soupe de courgettes ou de carottes, tarte aux champignons, chou-fleur rôti, artichauts vinaigrette, asperges gratinées, radis confits : tous les légumes qui composent les menus de la retraite proviennent des Loups Bio, une exploitation agricole des environs de Beaune. Céline Loubet, sa gérante, vient nous parler de sa démarche. Cette jeune-femme d’une trentaine d’année a repris la ferme de son père avec son frère. Ensemble, ils cultivent des semences rares et les commercialisent afin de contrer l’uniformisation des cultures et perpétuer le patrimoine agricole de la région.

Authenticité, respect, ancrage, persévérance. Finalement, les valeurs dont Céline Loubet nous parlent ne sont pas loin de celles du yoga.

 
 
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Vendredi 9 mai. 16h30

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Le yoga n’est pas que physique, il est aussi mental ! Assis sur des chaises, nous écoutons Rod Stryker nous parler de « sagesse tantrique ». « Notre esprit est comme un jardin, explique-t-il. Il est composé de bonnes et mauvaises graines. Pour devenir architecte de votre destin et pour progresser dans cette vie qui est la vôtre, vous devez, consciemment, décider d’arroser les bonnes graines. »

C’est également la conviction de Gina Murdock, qui animait la veille, un atelier-conférence pour apprendre à placer l’amour au cœur de ses actions. « Il n’y a pas de fatalité. Pour passer de la peur à la confiance, de la souffrance à la libération, il y a des techniques. L’amour est un choix », estime-t-elle. Son équipe a mis au point une méthode en 8 étapes pour identifier ses peurs, blocages, points de tension ou de crispation et remplacer un jugement négatif par une affirmation positive. Papier, crayon, exercices d’écriture libre puis échange en petits groupes : ici, l’amour se travaille comme on travaille un potager, avec patience, effort, respect.

 
 
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Samedi 10 mai. 12h00

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L’amour, d’accord, mais le vin dans tout cela ? Eh bien, Diana Seysses est là pour nous en parler. Fille de vignerons de la Napa ­Valley et œnologue diplômée de l'université de Davis en Californie, cette Américaine a repris, avec son mari Jérémy et son beau-frère Alec Seysses, le mythique domaine Dujac. Au total, 15,5 hectares à Morey-Saint-Denis, berceau de douze premiers crus et grands cru de Gevrey-Chambertin, Morey-Saint-Denis, Chambolle-Musigny et Vosne-Romanée. « La vigne nous apprend la modestie, explique-t-elle. Il faut constamment composer avec le temps, les saisons et les aléas. Elle nous rappelle aussi que nous devons tout à Nature, et qu’il est urgent de la préserver. ».

Les plus chanceux (ou plutôt, ceux qui ont acheté le billet au tarif « Supporter Level » à 2 500 €) ont eu droit, dans la foulée, à une visite du domaine Dujac, mais aussi à une place au fabuleux dîner de gala organisé le soir-même par Jerry et Gina Murdock au profit de la ferme les Loups Bio. Organisé au sein des Hospices de Beaune, dans la chambre de Roy –celle-là même qui accueillit Louis XIV lors de sa visite à Beaune en xxxx, ce dîner costumé sur le thème de la Renaissance fut généreusement arrosé de vins d’exception.

Le lendemain, un petit déjeuner réunissant clôturait en beauté ces cinq jours de parenthèse enchantée. Cinq jours pour ralentir. Boire, manger, bouger en pleine conscience. Renouer avec nous-mêmes, les autres, notre planète. Respirer. Tout simplement vivre !

Bonne nouvelle : j’ai ouï dire que Lead with Love, fort de ce premier succès, pourrait revenir en France l’année prochaine. Alors tendez l’oreille, le nez, le cœur et n’oubliez pas, d’ici là, d’arroser vos bonnes graines.

 
 
 
 

About The Author

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Claire Derville

Claire habite à Paris où elle travaille comme journaliste, principalement pour la chaîne d’information internationale France 24. Elle aime les voyages, les meringues au chocolat, l’Italie, chanter des comptines à son bébé de 8 mois, et bien sûr faire du yoga tout en buvant du vin la tête en bas.

© Juliette Coste Photography

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Abby Stern